Pour rester présente dans le monde, l'Eglise doit-elle changer ?
Henri Blocher considère les différents rapports de l'Eglise avec ce monde en mutation. Il essaye de repérer et d'interpréter les signes et propose quatre pistes de réflexions :
- L'argumentaire de ceux qui prônent le non changement, l'immuabilité de l'Eglise (Psaume 119/160) : sans la référence fondatrice à l'éternité, le temps historique s'émiette, se pulvérise et il n'y a plus d'histoire.
- Le dualisme entre l'éternité et le temps: il y a bien la portée révélatrice de la création, mais si l'on oppose le temps de la créature à l'éternité du créateur, on tombe dans un dualisme qui n'est pas biblique. Le message de l'écriture se déploie de manière historique, la vérité n'est pas intemporelle, elle a une histoire. (2 Pierre 1/12)
- L'ère postmoderne : les suggestions fausses, la crise endogène, les crises de l'état nation et les nationalismes, l'Europe déchristianisée, les révolutions technologiques, l'information, la mondialisation, les flux migratoires, les mégalopoles, la dissolution des structures familiales, le changement des mœurs….
- L‘Eglise est impliquée : comment doit-elle changer face à ce phénomène postchrétien ? Sans imaginer se réinventer, l'Eglise doit écarter la caricature des traits qui heurtent nos contemporains dans le christianisme historique : ne pas lâcher l'essentiel de l'autorité des écritures, la priorité de l'éternité, l'unicité de la médiation du Christ avec la valeur expiatoire de sa mort, la normativité des commandements de Dieu, ne pas ignorer aussi la nécessité du rapport aux autorités civiles.